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L. P. Davies / Les cavernes de l’Id – Littérature populaire…

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Vous savez ce qu’est un Poltergeist ?

Un “esprit-frappeur”. Un âme tourmentée par ce qu’elle a vécue pendant son existence terrestre et/ou par la façon dont elle est passée dans l’autre monde. Ou une pure émanation spirituelle qui a décidé de faire de votre home sweet home une antichambre de l’enfer.
Pour plus de détails, cliquez sur l’image ci-dessous :

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Et c’est quoi au juste un Psychogeist ?

C’est surtout le titre original (édition américaine) du livre Les cavernes de l’Id de Leslie Purnell Davies.

L. P. Davies propose dans ce récit – oublié de toutes et de tous – une absence de frontière entre la psyché humaine et les mondes imaginaires qu’elle est capable de concevoir. Bien plus encore, la réalité physique peut être contaminée par l’intermédiaire d’un trouble psychique majeur synonyme de cassure.

La schizophrénie est une maladie mentale, une fracture de la psyché en quelque sorte, dont l’origine est difficilement identifiable, et dont la guérison complète demeure exceptionnelle. Il faut donc se contenter dans la plupart des cas d’une stabilisation du patient à l’aide de psychotropes, le sujet est ainsi maintenu dans un état psychique où la souffrance est rendue supportable, seulement mise en sommeil.

Davies propose dans ce récit fantastique une alternative sur le mode binaire :

Imaginez un être ayant subi un traumatisme existentiel qui bouleverse son univers mental dans son entier.
L’inconscient du sujet réorganise la psyché du sujet en la scindant en deux :

  • un pôle psychique qui représenterait la personnalité originelle du sujet, comme si elle était exempte de tout malheur
  • une autre réalité psychique prend alors forme, toute imbibée des tendances obscures et destructrices inconscientes d’une personnalité bouleversée et en rébellion contre le cours des choses et les êtres qui en sont les acteurs

La perméabilité des frontières entre la fiction et le réel est telle que la personne recomposée et obscure a la possibilité de prendre vie en occupant le corps d’un être décédé, puis d’en modifier les caractéristiques physiques.
La composante schizophrénique pathogène s’extériorise et continue de sévir, mais cette fois dans le monde physique, et le patient est libéré.

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L’originalité du processus décrit par Davies tient au fait que la personnification du mal est possible parce que les tendances destructrices s’agrègent sur le personnage d’un roman de Science-Fiction. Un pulp dont le patient était un fervent lecteur pendant le temps de son adolescence.

La créature continue l’histoire en tissant un système de correspondances entre les acteurs de la vraie vie et ceux d’une galaxie lointaine émanée de l’esprit d’un auteur à succès de seconde zone.

Et pourquoi pas ?

Et pourquoi un récit de la littérature dite populaire ne serait-elle pas fondamentalement la métaphore d’un ensemble de symptômes, ou mieux, la parfaite sublimation d’un insupportable état d’être ?

Ce n’est pas la compréhension qu’en a cet imbécile d’Harvey…

“L’histoire, donc… – Harvey baissa les yeux vers ses mains croisées. – Pas exactement un chef-d’œuvre littéraire. L’auteur anonyme avait utilisé tous les poncifs, avec un souci pour le moins modéré de la vraisemblance. On avait l’impression en le lisant qu’il avait réparti les diverses péripéties comme on distribue un jeu de cartes, ou bien en les piochant au petit bonheur dans une liste attachée à sa machine à écrire. Rayons, hallucinogènes, tortures, souterrains remplies de momies, poison, machines bizarroïdes, magie – tout y était. Mais bien sûr, le feuilleton n’était destiné qu’à un public enfantin.”

Les supposés grotesques personnages de Science-Fiction et du Fantastique seraient porteurs de sens profonds susceptibles de nous éclairer sur nous-mêmes.

Attention, il n’est pas question ici de psychanalyse, mais plutôt d’utiliser un immense réservoir de significations, de savoirs latents, dans lequel il est possible de trouver La Réponse à ce qui en notre for intérieur nous trouble. Il ne s’agit pas non plus de se résoudre aux archétypes Jungiens – des universaux de plus…

Toutes les histoires du monde tisseraient entre les hommes des possibilités de compréhension adaptées à chaque individu. Une vaste toile intellectuelle et psychique reposant sur une véritable diversité.
Chaque histoire, chaque personnage qui ferait sens, ferait mouche, constitueraient les preuves d’une humanité consciente.

La littérature comme forme de vie humaniste.

La littérature populaire serait-elle digne d’attention ?

Et pourquoi pas ?

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Gillou


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3 Comments

  1. Si le sujet t’intéresses, je pourrais te communiquer mon témoignage sur “Spuk” et “Poltergeist” au moulin, avant l’incendie…
    À noter que Spuk c’est général et Poltergeist, une caractéristique précise.
    Amitié
    Thierry
    Thierry Benquey´s last blog ..Le rocher. Fin My ComLuv Profile

  2. Herwann says:

    Cela a l’air pas mal du tout, je vais tenter

  3. @Thierry : Je veux bien des infos : images, enregistrements ou témoignage de ta part par écrit ou ta voix en mp3.

    @Herwann : l’ouvrage n’est pas facile à se procurer en français, depuis longtemps épuisé, il est trouvable chez des bouquinistes avertis ou non (je l’ai eu pour 1 euro).
    In english that’s easier to get it.

    Vraiment un drôle de type ce L. P. Davies.

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