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John Varley / Le Canal Ophite : les limites de la génétique relèvent d’un tabou.

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John Varley est un conteur parmi les meilleurs. Un auteur de Science-fiction qui nous emporte – dans un récit de seulement 260 pages [format de poche] – à travers l’immensité (relative) du système solaire, avec des humains déjà quelque peu transformés comme point de départ, puis des créatures hybrides (encore vaguement humanoïdes), pour en chemin faire la connaissance plus ou moins discrète d’entités extra-terrestres qu’on a toutes les peines du monde à imaginer.
L’intrigue a la dimension et les faces cachées d’un space opera. Les complots et les machinations intra-humaines et inter-espèces sont bien là, impliquant une avancées en termes de rebondissements et d’hypertechnologies avant tout biologiques…
Pour couronner cette diversité, les personnages ont tendances à être clonés presque simultanément – en tous les cas ils coexistent – et à présenter au lecteur des destins divergents et quelque fois convergents. Un vrai délice pour l’imagination.

Qui suivent, les mots de l’éditeur pour en remettre une couche :


Quatrième de couverture

“Depuis quatre siècles, le Canal Ophite – un rayon laser dont nul ne connaît la source – déverse à travers l’espace un flot d’informations de haute technologie. Et depuis quatre siècles, la communication se déroule à sens unique : que pourraient en effet donner en échange des Terriens appauvris, chassés de leur planète par de mystérieux envahisseurs et dispersés aux quatre coins du système solaire ? Un jour, cependant, le Canal Ophite lance un mystérieux avertissement : il frappera l’humanité de terribles sanctions s’il ne reçoit pas le “prix” de ses services. Sur Aquarius 14, le message atteint Lilo, une jeune biologiste sur le point d’être exécutée pour avoir procédé à des expériences interdites. Elle mourra mais, par clonage, renaîtra encore et encore, et ses incarnations multiples convergeront toutes, intrépides, vers l’énigme du Canal Ophite…”


Vous voilà un peu plus au fait du cadre général de ce roman de S-F que d’aucuns considèrent comme le petit bijoux de John varley.
Il y a tout de même la Trilogie de Gaïa, et d’autres titres du meilleur cru : une biographie et une bibliographie.

Cependant, cet ouvrage a fait naître en moi une crainte. Cette dernière concerne la perception de la génétique et de son utilisation dans Le canal Ophite. Une réaction qui se faisait plus discrète à la lecture d’autres auteurs, pore des raisons qui me restent confuses [naïveté, légèreté, autre formulation des notions, etc. ?!?].


Je vous confie maintenant quelques citations du récit dont il est ici question :


“La société des anneaux n’est pas la société humaine. nous vivons dans des chambres et dans des corridors ; ils ont tout l’espace pour eux. (…) nous sommes isolés ; leur esprit est double, une condition difficile à concevoir. Quelque part à la jonction quasi magique entre deux esprits dissemblables existe une tension. cette tension produit un véritable feu d’artifice de créativité. Tous les habitants des Anneaux sont des poètes. La poésie est un sous-produit naturel de leur mode de vie. Pour ceux d’entre nous qui n’ont pas le courage de prendre un symbiote, qui doivent attendre les rares contacts entre les habitants des Anneaux et la société humaine, leurs chants n’ont pas de prix.”

  • Je n’ai pas une seule seconde penser que cette hybridation et la perte de notre humanité puisse être négative.

“(…) Lilo n’avait que de vagues notions sur l’hérédité. Son travail consistait à prendre un matériau déjà existant qu’elle transformait grâce aux innovations en provenance du canal Ophite. Elle étudiait le récessif et l’inné. Elle en arrive à se demander si la race humaine n’était pas en train de dégénérer sans s’en apercevoir.
Elle essaya d’éveiller l’intérêt d’autres ingénieurs, mais sans succès. Et aucun courant politique ne semblait disposé à réformer les lois sur la génétique. Si un tabou avait remplacé le sexe, c’était bien la génétique humaine. Personne ne voulait aborder le problème pour la simple raison que personne n’y voyait de problème. C’était une chose ancrée, admise : l’A.D.N. humain était tabou.
(…) Même à présent, elle se demandait toujours ce qui l’avait poussée à continuer. Parfois l’inertie sociale lui faisait l’effet d’une drogue qui l’invitait à abandonner. Pourquoi changer, les choses avaient toujours été ainsi.”

  • Le mot est lancé : tabou. On comprend l’agacement et la motivation de l’héroïne au sein d’une société si sclérosée et rétrograde. C’est l’héroïne, on est de son côté – c’est bien naturel, non ?

“L’Invasion de la Terre fut secondaire. Elle fut entreprise au profit des trois espèces intelligentes de la planète : le cachalot, l’orque et le dauphin.”

  • Ou comment faire vibrer la fibre Disneyland…
    Certains diront : “Non mais, il y a des études sérieuses là dessus !”. Et hop, on ne regarde plus dans la bonne direction.


Sans vouloir sombrer dans la paranoïa, j’ai l’impression, parfois, comme lors de la lecture du Canal Ophite, de me faire un tantinet manipuler. Comme si des schémas d’émerveillement ou plus simplement d’enthousiasme m’ont été implanté afin de guider mes goûts, mes choix, mes satisfactions, et cela pour faire passer la pilule.


Avant on pensait ça, mais maintenant c’est fini, le progrès est chassé par un autre “progrès”. Cela tombe sous le sens…

Bon sens = sens commun = troupeau ?

On ferme les yeux et on se laisse embarquer dans une nouvelle attraction, celle dans laquelle on a envie de monter parce qu’elle est aux couleurs de nos héros préférés.

On s’amuse, on fait pas de mal !

Faut faire confiance.


“Ils” savent ce qu’ils font.


Éthique et Génétique : quelques liens :

Une conférence de Jean-François Mattéi

La génétique en question par l’Unesco

www.genethique.org

L’Institut Cochin

Quelques dossiers d’informations sur les maladies génétiques


Gillou


3 Comments

  1. Il n’y a pas qu’un tabou sur la génétique, il y a aussi un problème de raisonnement. Comme si un être, quel qu’il soit car le clonage animal rencontre des frontières techniques, n’était que la somme des éléments qui le composent. C’est bien le problème de la médecine dite conventionnelle également, comme par exemple utiliser un médicament pour faire disparaitre les varices sans véritablement se préoccuper des causes qui sont à l’origine de celles-ci. La génétique ignore encore, volontairement ou pas, les influences de l’environnement sur les gènes. L’épigénétique qui en est encore à ses premiers pas donnent pourtant des informations capitales en ce sens. Le stress, une alimentation x ou y, des influences météo voire l’air que nous respirons peuvent ouvrir ou fermer des gènes et cette configuration nouvelle est héréditaire. Ce qui au passage donne un gros coup de pouce au petit père Darwin, l’évolution n’ayant plus besoin de grandes périodes de temps pour agir, seulement d’une modification environnementale qui toucherait le plus d’individus possibles d’une espèce donnée et ce sur plusieurs générations. C’est vrai que nous sommes petits et qu’il est difficile d’appréhender le macrocosmos lorsque le problème que nous désirons étudier se situe à l’échelon microscopique. La génétique n’est qu’une partie de la masse d’information qui représente un etre humain. Penser autrement c’est comme de croire que l’on connait quelqu’un en épluchant ses relevés de compte, en fouillant sa poubelle et en analysant les messages sur son mur de facebook ou d’ailleurs.
    Amitié
    THierry
    Thierry Benquey´s last blog ..Peau lithique My ComLuv Profile

  2. gdblog says:

    Nous sommes manipulés, fichés, fliqués mais …. de bons consommateurs. N’est-ce pas là le principal ? … pour relancer la croissance
    gdblog´s last blog ..Charles Pasqua va parler : le retour des tontons flingueurs ? My ComLuv Profile

  3. Relancer la croissance par la consommation des particuliers : une notion propre aux paradigmes keynésien et néoclassique. Cela reste encore à prouver dans un monde multipolaire où les lois du marché ne cessent d’être violées : saine concurrence mise à mal par des pressions politiques (militaires).

    Puis, concevoir les créations culturelles comme des produits… En aval, ok, puisqu’elle deviennent des éléments lambda du marché, mais en amont, non, ou la créativité est un mot en passe de disparaître pour se confondre avec celui de marketing.

    Gillou

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