Une fable philosophique contemporaine et psychédélique

Ken Russell réalise en 1980 un film de science-fiction qui est composé d’un savant mélange de réflexions scientifiques, de mystique et d’expérimentations de drogues. Les années 70 ne sont pas loin, elles viennent juste de laisser la place à la décennie 80. William Hurt fait dans ce long métrage une prestation remarquable.
Le professeur Jessup est chercheur en neuropsychiatrie.
Il étudie en particulier des traitements chimiques susceptibles de soigner la schizophrénie.
Le choix des patients du Dr. Jessup s’oriente vers des schizophrènes ayant tendance à basculer dans des délires mystiques. Il expérimente donc sur ces sujets diverses molécules. Les soins qu’il prodigue à ses patients font également de ceux-ci des cobayes lui permettant d’approfondir ses recherches. Une patiente répond à chaque prise de psychotropes : “J’ai l’impression que mon cœur est touché par le Christ”.
La théorie est simple : les schizophrènes ont tendance à modifier leur être physique afin d’adapter leur physiologie à la vision schizophrénique qu’ils ont de leur personne et de la réalité.
Le Dr. Jessup est depuis son enfance une personne habitée par des aspirations mystiques. Il est souvent sujet à des visions de crucifixions ou de scènes bibliques de l’Apocalypse.
Son père est atteint d’un cancer et il se meurt. Avant de rendre l’âme, il parle dans le creux de l’oreille de son fils, dans un ultime effort il lui murmure : “Terrible”.
Même pour les types biens comme son père, la fin s’avère terrible.
A partir de ce moment, il renie Dieu et n’a plus aucune vision.
Dès le début du film, Jessup se soumets à des expériences.
Les premiers temps, il utilise seulement un caisson d’isolation. Ce dernier est rempli d’une solution saline extrêmement concentré. Le corps de celui qui s’y immerge flotte donc anormalement. De telles caissons existent toujours, ils induisent des états de privation sensorielle à travers lesquels le cerveau fonctionne comme en état de méditation. Certains personnes expérimentent des phénomènes hallucinatoires remarquables.
Au sein du caisson de l’Université, les visions s’insinuent de nouveau.


Notre mystique se marie, a des enfants et continue ses recherches, les expériences du caisson semblent bien loin.
Mais Jessup est un inassouvi.
Il obsédé par la question de la vérité.
Il est persuadé que celle-ci est quantifiable.
Qu’elle est une expérience possible pour l’être humain et communicable.
Un Prométhée moderne en quête d’absolu.
La rencontre avec un chercheur qui étudie les communautés descendantes des Toltèques est décisive. Le neuropsychiatre est invité à participer à une cérémonie des champignons sacrés. D’une année sur l’autre est préparée une mixture à partir d’Amanita Muscaria, un champignon hallucinogène aux puissantes propriétés psychotropes. Chose étrange, le sorcier qui initie le chercheur le prévient qu’au-delà de la brèche il découvrira son âme première, mais surtout que cette expérience est la même pour tout le monde. Le rituel des champignons sacrés engendrerait une régression (ou une élévation…) de l’esprit vers un état primordial commun à l’humanité.
Le voyage effectué renforce Jessup dans sa détermination.
Il retourne dans son laboratoire en ayant préalablement emprunté un échantillon du mélange psychotrope.
Il va synthétiser la drogue et rentrer sous son influence dans un caisson d’isolation.
A partir de ce moment, il devient son seul sujet d’expérimentation, en route sur les chemins hallucinés d’une vérité ultime.
Commencement du film :
Bien entendu, bien des concepts du film sont empruntés à Timothy Leary (La Politique de l’extase) et à Aldous Huxley (Les portes de la perception).
Ce film a bercé mon adolescence.
Gillou

Article relatif :
Pink Floyd : Piper at the Gates of Dawn





































J’avais bien aimé ce film mais il ne m’avait pas autant marqué que 2001 l’odyssée de l’espace. (va savoir pourquoi)
Les expériences hallucinogènes n’ont pas manqué dans ma vie, j’aurais peut etre mieux fait de faire plus attention au film
Amitié et Rires
Thierry
Bonjour monsieur
Plus qu’agréable de pouvoir lire sur ce film que je crois n’avoir pas revu depuis des lustres…
Je ne suis d’ailleurs pas encore très familier avec le cinéma de Ken Russel.
Hmmm… Il faudrait pouvoir combler ce manque bientôt…
Bonne fin de dimanche !