

“Le meilleur guitariste du monde !” est une expression qui ne veut pas dire grand chose.
Celle de “meilleur guitariste de tous les temps” n’en a pas plus, ou même moins puisque, rappelons-le, la fin des temps est peut-être proche mais pas encore accomplie.
Le cas Jimi Hendrix – en tant que musicien d’exception, vous en conviendrez – est tout de même remarquable.
Hendrix ou “Jimi” a révolutionné la musique par sa pratique électrifiée de la guitare.
Il faut bien comprendre qu’à partir des années soixante [Ah ! Les 60's !], la guitare électrique doit être considérée comme un instrument à part entière, distincte des guitares acoustiques dans lesquelles elle trouve pourtant ses origines.
La lutherie des guitares électriques est pensée en vue de produire des sons amplifiés. Il ne s’agit plus de reproduire le son acoustique avec de la tenue, mais de générer et dans le même temps d’explorer un territoire de possibilités sonores, toujours plus nombreuses, toujours plus novatrices dans le meilleur des cas (Hendrix par exemple…).
Le champ d’investigation n’aura de cesse d’étendre ses frontières, et ceci reste vrai in present time.
L’identification des notes jouées selon la théorie musicale [harmonie, mélodie, les différentes clefs, les gammes, etc.], est toujours possible, mais la pertinence d’une analyse n’est-elle pas équivalente voire supérieure en termes de “fréquences” [cf. Varèse]?
Après tout, les sons originellement produits ne sont-ils pas modifiés à travers des processus électroniques ?
“processus électroniques” : des électrons sont mis en jeu, des particules… une musique quantique à base de pentatoniques ?
Hendrix avait bien conscience de tout cela, j’en suis persuadé. Si son instrument de prédilection avait été le piano, il aurait à n’en pas douter joué du synthétiseur, et aurait fait évoluer les procédés de transformation du son comme il l’a fait pour la guitare électrique.
Ce satané Jimi a été tout au long de sa carrière un chercheur infatigable, toujours enclin à faire des branchements douteux mais efficaces afin d’obtenir le niveau sonore adéquat, et surtout lui permettant d’atteindre une forme éminemment abstraite de sons amplifiés.
Profitons-en pour rendre hommage à Roger Meyer qui s’est évertué à mettre au point des effets sur mesure pour le Sieur, contribuant de façon majeure à l’expansion dans notre réalité de l’univers hendrixien.
Un homme de l’ombre qui ne mérite pas d’y rester.
VOODOO CHILE (slight return) version insulaire :
Le concert du 30 août 1970 à l’Île de Wight se termine sur une interprétation de In From The Storm : Jimi Hendrix jette sa guitare sur les planches de la scène festivalière, non pour le show mais par colère. Les problèmes de sons se sont accumulés sans avoir été résolus, et Jimi semble rêver éveillé d’une expérience musicale qui serait vibrante d’une énergie renouvelée.
Le temps a passé, mais pour nous, simples mortels, le maître ès volcanologie sonore reste magistral.
L’interprétation de Voodoo Chile que je vous propose en vidéo est un exemple d’économie et de maîtrise, peut-être encore plus époustouflante par sa simplicité lorsqu’on a à l’esprit le Jimi dépité de cette soirée.
Les paroles de Voodoo Chile, les lyrics en somme :
Well, I stand up next to a mountain
And I chop it down with the edge of my hand.
Well, I stand up next to a mountain,
Chop it down with the edge of my hand.
Well, I pick up all the pieces and make an island,
Might even raise just a little sand.
cause Im a voodoo chile,
Lord knows I’m a voodoo chile, baby.I didn’t mean to take up all your sweet time,
I’ll give it right back to you one of these days.
I said I didn’t mean to take up all your sweet time,
I’ll give it right back one of these days.
And if I don’t meet you no more in this world
Then I’ll, I’ll meet you in the next one and don’t be late, don’t be late.
cause Im a voodoo chile, voodoo chile,
Lord knows Im a voodoo chile, hey hey hey.
I’m a voodoo chile, baby.
Et ne pas oublier MACHINE GUN : ultime lumière !
Le concert au Filmore East veut marquer le passage d’une décennie à l’autre : l’isthme musical entre 1969 et 1970.
Pourquoi ai-je choisi cette vidéo de qualité douteuse [mais qui a le mérite d'exister ! Attention !] ?
Parce que je considère Machine Gun comme un sommet, un signe manifeste d’accomplissement dans la carrière, le cheminement de l’artiste. Et puis, ces images montrent le niveau de virtuosité du bonhomme. Plus de barrières techniques, le présent créatif coule au rythme qui est le sien. On peut se rendre compte de la façon dont J.H. utilise sa Stratocaster, son modèle de guitare privilégié depuis 1964.
Focus : Hendrix pouvait disposer de modèles pour gauchers, ne nous y trompons pas (photos et vidéos témoignent), mais une Strat de droitiers permet une proximité avec les boutons de réglages qui se retrouvent en haut lorsqu’un gaucher tient la guitare. Indiquons aussi au passage qu’Hendrix réglait le chevalet et les micros. Les vibratos – enfin, les leviers de ceux-ci – étaient soigneusement déformés afin qu’ils soient le plus près possible du corps de l’instrument : toujours l’économie des mouvements…
Tout dans cette vidéo est un concentré de talent et d’inventivité, mis au service d’une interprétation qui demeure un exemple d’équilibre improbable et parfaitement conscientisé entre technicité et avalanche sonore.
Les mots chantés de Machine Gun :
Machine gun
Tearing my body all apartMachine gun, yeah
Tearing my body all apartEvil man make me kill ya
Evil man make you kill me
Evil man make me kill you
Even though were only families apartWell I pick up my axe and fight like a bomber
(you know what I mean)
Hey! and your bullets keep knocking me downHey, I pick up my axe and fight like a bomber now
Yeah, but you still blast me down to the groundThe same way you shoot me down, baby
Youll be going just the same
Three times the pain,
And your own self to blame
Hey, machine gunI aint afraid of your mess no more, babe
I aint afraid no more
After a while, your, your cheap talk dont even cause me pain,
So let your bullets fly like raincause I know all the time youre wrong baby
And youll be going just the same
Yeah, machine gun
Tearing my family apart
Yeah, yeah, alright
Tearing my family apart
Citation finale :
I want to get colour into music.
I’d like to play a note and have it come out a colour.
Jimi Hendrix
Tu y es arrivé à transformer les notes en couleurs : celles d’un feu ardent.
Gillou
A propos de l’album Electric Ladyland :
Une super chronique de Eddie Williamson (normal, c’est Eddie…)


















































magistral
:::::::Lord knows I’m a voodoo chile, hey hey hey::::::::::::

Merci Gilles, tu m’as régalé une fois de plus
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