Gilles Arnaud Sphere Rotating Header Image

Don et Société Marchande : Jean-Claude Michéa, Christopher Lasch, Cie, et la Revue du MAUSS

Bonjour à tous,

Je viens de terminer la lecture d’un livre comme il y en a peu :

L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes par Jean-Claude Michéa.

jean-claude-michea-enseignement-de-l-ignorance-conditions-modernes

De Lasch à Michéa et de Michéa à Lasch :

Jean-Claude Michéa est le traducteur d’un auteur américain, décédé depuis une petite dizaine d’année, Christopher Lasch :

La page Wiki consacrée à Christopher Lasch

christopher-lasch-la-culture-du-narcissisme

Voici la préface intégrale de La culture du narcissisme, un essai de sociologie sur la société américaine :

Par Michéa : préface en intégralité

Lasch a mis beaucoup de temps avant d’être édité en France et ce malgré les efforts d’intellectuels comme Emmanuel Todd dés le début des années 80 : cf. Après l’empire : Essai sur la décomposition du système américain

Mais ce n’était certainement pas la bonne décennie.

“Cie” : autres sources de Jean-Claude Michéa :

Michéa fait aussi souvent allusion à Liliane Lurçat, chercheuse en Sciences de l’Éducation et peut être une des seules qui dénonce sans concession l’évolution de l’enseignement en France, de la maternelle à l’Université :

liliane-lurcat-laurent-lafforgue-une-tragedie-incomprise

Ce sujet est aujourd’hui largement traité et je remarquerais juste la parution de deux livres récents sur le sujet plus particulièrement axés sur l’enseignement supérieurs, et qui ont le mérite de faire entendre des témoignages troublant sur la vie de l’université en France d’une part, et de refaire le point sur la place du savoir et des espaces qui y sont consacrés dans la société d’aujourd’hui :

de-la-destruction-du-savoir-en-temps-de-paix

pierre-jourde-universite-la-grande-illusion

Parmi les autres sources de Michéa, citons encore Serge Latouche.

Latouche n’est pas très difficile à trouver. Très militant et écrivain prolixe, il remplissait régulièrement les colonnes du Monde Diplomatique il y a peu encore :

En finir, une fois pour toutes, avec le développement

Pour une société de décroissance

Et la décroissance sauvera le Sud…

Et en voilà d’autres :

Serge Latouche et le débat sur la décroissance

Le développement n’est pas le remède à la mondialisation

De Mauss au MAUSS

Reprenons.

Michéa défend l’idée que les sociétés ont longtemps fonctionné sur un autre schéma que celui que l’économie politique nous inflige, à savoir une vision du monde et des êtres humains comme autant d’entités recherchant leurs propres intérêts, ne vivant que pour le satisfaire.

Il nous rappelle à cet effet les travaux d’un des fondateurs de l’ethnologie, Marcel Mauss. Grand théoricien du concept de don/contre-don.

Voici une page où l’on peut télécharger librement la plupart des écrits de Mauss dont son célèbre Essai sur le don :

Marcel Mauss – sociologue français (1872-1950)

Depuis 1981, la revue du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) s’est imposée comme une des toutes premières revues interdisciplinaires et un des lieux importants du débat public en France. Elle offre des perspectives inédites en sciences économiques, en anthropologie, en sociologie ou en philosophie politique.
Aux antipodes de l’encyclopédisme, et grâce à la variété de son questionnement et de ses angles d’attaque, la revue du MAUSS procède à un bilan permanent et raisonné des sciences sociales. Parce qu’elle s’est toujours refusée à dissocier les discussions proprement scientifiques de leurs enjeux éthiques et politiques, la revue du MAUSS est à l’origine de nombreux débats de société aujourd’hui cruciaux.

“Anti-Utilitariste”, elle critique l’économisme dans les sciences sociales et le rationalisme instrumental en philosophie morale et politique. Rendant hommage par son nom à Marcel Mauss, elle incite à penser le lien social sous l’angle des dons (agonistiques) qui unissent les sujets humains.

Cette revue de recherche, de vulgarisation et de débats s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’intersection des sciences sociales, du politique et de l’histoire, et plus spécialement aux universitaires, aux chercheurs et aux étudiants.

Le MAUSS édite également, avec les éditions La Découverte & Syros une collection d’essais : la bibliothèque du MAUSS, qui accueille désormais la série “Économie solidaire et démocratie”. Animée par le CRIDA (Centre de recherches et d’information sur la démocratie et l’autonomie, équipe de recherche du LSCI, laboratoire du CNRS LP31), cette série porte sur le fait associatif dans la perspective d’une économie et d’une démocratie plurielles.

Le MAUSS organise des réunions-débats et s’associe à des colloques et rencontres dont le programme figure en page Actualité du MAUSS. Par ailleurs, divers intervenants confrontent leurs points de vue à propos de l’avenir de l’Europe. Une sélection de contributions a été rassemblée en page Débat sur l’Europe.

On peut trouver des présentations d’un grand nombre des numéros de La Revue du MAUSS :

Le site du MAUSS

Le MAUSS propose également une revue permanente en ligne et d’accès gratuit :

Journal du MAUSS


C’est tout pour aujourd’hui.


Cristobal


One Comment

  1. “(…)une vision du monde et des êtres humains comme autant d’entités recherchant leurs propres intérêts, ne vivant que pour le satisfaire.”

    Cette vue de la société est typiquement américaine et s’il est vrai que les sociétés cette fois en général tendent à s’américaniser depuis le fin de la deuxième guerre mondiale, cette vision ignore complètement les sociétés dites archaïques ou natives ainsi que les différentes cultures asiatiques. Pourrait-on assimiler le suicide d’un kamikaze à une entité cherchant à satisfaire ses intérêts personnels ? (ce n’est qu’un exemple.)

    Ces affirmations restent bien dans la vision “petit bout de la lorgnette” qui est partout présente dans la mondialisation et la façon de la percevoir que l’on nous impose. AMÉRICANISATION.

    Suis-je anti-américain primaire ? Non. Mais j’ai bien du mal à ignorer cette intoxication culturelle et politique qui commence dès la plus tendre enfance avec Hollywood, ce faiseur de culture pas innocent du tout.

    Par contre, en gardant présent à l’esprit ce que je viens d’évoquer plus haut, je pense qu’il peut être tout à fait intéressant, voire plus, de lire ce Michéa et plus encore d’accéder au journal du MAUSS.

    Amitié
    Thierry

    Thierry Benquey’s last blog post..Quelque part au Moyen-Orient

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>